Le fonctionnement du service des étages (vidéo)


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On a tous connu ça, n’est-ce pas ? Ce sentiment vraiment agréable quand on ouvre la porte d’une chambre d’hôtel et que tout est impeccable. Eh bien derrière cette perfection, il y a tout un système, une mécanique de précision. Aujourd’hui, on va soulever le rideau et découvrir les secrets de la propreté hôtelière.

Que se passe-t-il vraiment une fois qu’on quitte une chambre d’hôtel ? C’est bien plus qu’un simple coup de chiffon. C’est une véritable chorégraphie qui se met en place pour qu’une chambre redevienne un petit sanctuaire pour le client suivant. Alors pour bien comprendre cette mécanique, voici notre plan de route. D’abord, on va voir qu’il y a différents types de nettoyage. Ensuite, on plongera dans les étapes pas à pas. Puis on s’intéressera aux outils et enfin on ira voir le véritable centre de contrôle de toute l’opération.

1. Les deux types de nettoyage

Première chose à savoir qui peut surprendre dans le monde de l’hôtellerie : il n’y a pas un, mais bien deux types de nettoyage, et ils n’ont pas du tout le même objectif.

  • Le nettoyage à blanc : c’est la remise à zéro totale. Après le départ d’un client, on efface tout et on recommence.
  • Le nettoyage en recouche : c’est quand le client est encore là. La mission est complètement différente : il faut rafraîchir la chambre, bien sûr, mais surtout respecter à la lettre l’intimité et les affaires personnelles du client. C’est un vrai jeu d’équilibriste.

2. La procédure du nettoyage à blanc

Voyons comment ça se passe en pratique. On va décortiquer ensemble l’opération la plus complète : le fameux nettoyage à blanc. Tout commence toujours par trois gestes fondamentaux :

  1. On ouvre grand les fenêtres pour bien aérer.
  2. On évacue tout ce qui est sale (le linge, les poubelles).
  3. On vérifie partout dans les placards et le coffre-fort si le client n’a rien oublié.

C’est seulement après ça que le vrai nettoyage peut commencer. Et voici le principe numéro un de l’hygiène professionnelle : on va toujours du plus propre vers le plus sale. C’est une logique implacable pour ne pas étaler les bactéries et contaminer les surfaces.

3. Le code couleur et les zones

C’est crucial, surtout dans la salle de bain. Elle est organisée avec un code couleur très strict :

  • Le rouge : uniquement pour les toilettes (la zone la plus sensible).
  • Le vert : pour le reste (lavabo, douche, baignoire).

C’est un système hyper simple mais infaillible pour éviter la contamination croisée. Et bien sûr, chaque détail compte, comme les mouvements circulaires sur les vitres pour qu’il n’y ait aucune trace.

Une fois la salle de bain nettoyée, on s’attaque aux ennemis invisibles : tous les points de contact. Une chambre peut avoir l’air propre, mais si la télécommande colle un peu ou si l’interrupteur est douteux, ça gâche tout. Un vrai pro ne laisse jamais passer ces détails-là.

4. Finitions et espaces communs

Puis viennent les finitions. On dépoussière méticuleusement chaque surface, on réapprovisionne tous les petits produits et les serviettes. Ensuite, l’aspirateur, en partant toujours du fond de la pièce pour revenir vers la porte afin de ne laisser aucune trace de pas. Un dernier coup d’œil, une petite touche de parfum d’ambiance et voilà, la transformation est terminée.

Mais la propreté d’un hôtel ne s’arrête pas au seuil de la chambre. Dans les espaces communs, tout repose sur deux piliers : la discrétion (pour ne jamais déranger les clients) et la sécurité (pour éviter le moindre accident). C’est un ballet permanent entre efficacité et invisibilité : réaligner le mobilier dans le hall ou désinfecter les boutons de l’ascenseur sans jamais être dans le chemin.

5. Matériel et office

Pour un travail aussi précis, il faut le bon équipement. Le code couleur est le cœur du système. En donnant une couleur à chaque zone, on est sûr à 100% que le chiffon rouge des toilettes ne touchera jamais une table de chevet. Mais les outils doivent être eux-mêmes impeccables : les microfibres sont lavées à très haute température (jusqu’à 95 degrés) pour une désinfection totale.

Pour finir, jetons un œil dans les coulisses : les offices. C’est le point de départ et d’arrivée de chaque journée. L’ordre doit y être parfait pour gérer les stocks, le linge et les produits. C’est aussi là que des règles de sécurité strictes sont en place pour protéger le matériel et le personnel.

Cette perfection n’a rien de magique. C’est le résultat d’un système rigoureux, de procédures précises et du travail méticuleux d’une équipe qui opère dans l’ombre.


Les métiers de l’hôtellerie

Les différents métiers dans un hôtel

Les métiers de l’hôtellerie

Un hôtel est une ruche où de nombreux métiers collaborent pour offrir une expérience client parfaite. Voici un aperçu des rôles clés.

📋 Liste des principaux métiers dans un hôtel
  • Directeur (ou directrice) de l’hôtel : il définit la politique commerciale de l’établissement. Il effectue des tâches de gestion, en contrôlant notamment la comptabilité. Il dirige les équipes et contrôle la communication. Enfin, il est en relation constante avec la clientèle.
  • Directeur (ou directrice) de l’hébergement
  • Comptable
  • Service ressources humaines
  • Service commercial
  • Concierge
  • Bagagiste / groom / voiturier / portier
  • Agent technique
  • Chef de réception, réceptionniste
  • Gouvernant(e) général(e), assistant(e), gouvernant(e) d’étage
  • Femme de chambre (ou valet de chambre) : ils sont chargés de l’entretien des chambres, des lieux publics, et des parties communes de l’hôtel.
  • Équipier (ou équipière) : ils sont généralement chargés de l’entretien des lieux publics, et des espaces réservés au personnel.
  • Lingère (ou linger) : fait le suivi du linge de l’hôtel (hébergement et restaurant), du linge des clients, des uniformes du personnel. La lingère contrôle les livraisons de linge, et participe aux inventaires.
  • Chef de cuisine
  • Serveur (ou serveuse)

🏨 Le service housekeeping

Équipe housekeeping

Missions de la gouvernante générale :

Image et qualité

Garantir l’image de marque :

  • Offrir aux clients des prestations haut de gamme.
  • Fidéliser la clientèle (expérience personnalisée).
  • Suivi des commentaires clients et mesures correctives.

Garantir la qualité des prestations :

  • Mettre en valeur les prestations offertes.
  • Garantir le bien-être et la sécurité des clients.

Organisation et management

Garantir le bon fonctionnement du service :

  • Organiser l’entretien de l’ensemble de l’établissement.
  • Planifier les grands nettoyages.
  • Suivi des opérations de maintenance technique.

Manager les équipes :

Gestion du département

  • Gérer les stocks et le budget.
  • Optimiser la gestion des effectifs selon les prévisions d’activité.

Missions du gouvernant d’étage :

Sous la responsabilité de la gouvernante générale et de l’assistante gouvernante générale, ses missions sont les suivantes :

Opérationnel et contrôle

  • Planifier le travail : répartir et adapter le travail selon l’occupation.
  • Contrôler : vérifier le travail (chambres et parties communes) selon les normes.
  • Former et animer le personnel des étages.

Gestion des ressources

Gérer les stocks :

  • Procéder aux inventaires.
  • Contrôler les stocks de linge et matériel.
  • Contrôler la consommation des produits d’entretien et d’accueil.

Objets oubliés : enregistrer et effectuer le suivi (contact clients).


Organigramme opérationnel du service étages

Les rôles clés du service housekeeping

Les principaux indicateurs de performance d’un hôtel

Les indicateurs de performance d’un hôtel (KPI)

Le pilotage d’un établissement hôtelier repose sur l’analyse précise de données chiffrées. Voici les formules des principaux indicateurs de performance (KPI) nécessaires à la gestion de l’activité hôtelière.

1. Fréquentation et occupation

Taux d’occupation

Nombre de chambres louées × 100 / nombre de chambres disponibles
Un hôtel de 50 chambres qui en loue 38 affiche un taux d’occupation de 76 %.
💡 À titre indicatif : un taux annuel lissé autour de 65 % à 70 % est généralement considéré comme un seuil de bonne santé pour un hôtel urbain classique.

Taux de fréquentation

Nombre de clients logés × 100 / nombre de clients logeables
(Ce taux tient compte du nombre de lits : une chambre double occupée par une seule personne n’est remplie qu’à 50 %.)

Indice de fréquentation des chambres

Nombre de clients logés / nombre de chambres louées
(Un résultat de 1,6 signifie qu’en moyenne 1,6 client occupe chaque chambre louée.)

Durée moyenne de séjour

Nombre total de nuitées clients / nombre d’arrivées clients

Taux d’indisponibilité

Chambres indisponibles × 100 / chambres totales de l’hôtel

Taux d’annulation

Réservations annulées × 100 / réservations totales reçues
💡 À titre indicatif : le taux d’annulation moyen se situe généralement entre 15 % et 20 %. Au-delà, la politique tarifaire est potentiellement à revoir.

Taux de no-show

Clients non arrivés sans annulation × 100 / réservations confirmées
(Pour limiter ce risque, les hôtels peuvent appliquer une politique d’annulation : toute réservation non annulée 24 ou 48 heures avant l’arrivée est facturée.)
💡 À titre indicatif : un taux de no-show sain se situe idéalement en dessous de 2 %.

2. Revenus et performance économique

RevPAR (revenue per available room)

Prix de vente moyen d’une chambre × taux d’occupation
ou : CA hébergement HT / nombre de chambres disponibles à la vente
(Un RevPAR plus élevé que celui de la concurrence indique une meilleure performance globale, même avec un prix inférieur.)

GOPPAR (gross operating profit per available room)

Résultat brut d’exploitation / nombre de chambres disponibles
Contrairement au RevPAR, le GOPPAR tient compte des charges de fonctionnement de l’hôtel (salaires, coût de la blanchisserie, produits d’accueil, factures d’énergie, etc.) : c’est l’indicateur de rentabilité réelle de l’hôtel.

ADR (average daily rate) : prix de vente moyen

Chiffre d’affaires location HT / nombre de chambres louées
(Contrairement au RevPAR, l’ADR ne tient compte que des chambres effectivement vendues, pas des chambres vides.)

Dépense moyenne par client et par jour

Chiffre d’affaires HT total du jour / nombre de nuitées clients

Ratio économique hébergement

Chiffre d’affaires réalisé HT / chiffre d’affaires théorique HT
(Le CA théorique correspond au CA si toutes les chambres étaient vendues au tarif affiché sans remise.)

3. Opérations et restauration

Productivité du service étages

Nombre de chambres nettoyées / nombre de journées travaillées
(Le résultat donne la moyenne de chambres réalisées par jour par employé.)
👉 Pour aller plus loin, consultez notre guide détaillé sur les cadences de nettoyage en hôtellerie.

Coût de nettoyage par chambre

Charges totales du service étages / nombre de chambres nettoyées

Taux de captage petit-déjeuner

Nombre de clients au petit-déjeuner × 100 / nombre de clients séjournant à l’hôtel

Ticket moyen restaurant

CA / nombre de couverts


🧮 Calculateur de productivité housekeeping (service des étages)

Renseignez vos données sur la période souhaitée (jour, semaine, mois, année).


💡 Saisissez le nombre de chambres nettoyées par un seul employé d’étages et ses journées travaillées sur la même période.




Questions fréquentes

Qu’est-ce que le RevPAR en hôtellerie ?

Le RevPAR (Revenue Per Available Room) mesure le revenu généré par chambre disponible, qu’elle soit occupée ou non. C’est l’indicateur de référence pour comparer la performance d’un hôtel dans le temps ou face à la concurrence.

Comment calculer le taux d’occupation d’un hôtel ?

Taux d’occupation = nombre de chambres louées × 100 / nombre de chambres disponibles.

Quelle est la différence entre RevPAR et ADR ?

L’ADR (Average Daily Rate) est le prix moyen d’une chambre vendue (il ne tient pas compte des chambres vides). Le RevPAR ramène ce revenu à l’ensemble des chambres disponibles, occupées ou non.

Comment calculer la productivité du service des étages ?

Productivité = nombre de chambres nettoyées / nombre de journées travaillées. Ce ratio donne le nombre moyen de chambres réalisées par employé et par jour. Il s’utilise pour évaluer les besoins en personnel et optimiser les plannings du service housekeeping.

Qu’est-ce que le taux de no-show en hôtellerie ?

Le taux de no-show mesure la proportion de clients qui ne se présentent pas à l’hôtel sans avoir annulé leur réservation. Un taux élevé impacte directement le chiffre d’affaires.

Qu’est-ce que le GOPPAR ?

Le GOPPAR (Gross Operating Profit Per Available Room) mesure le bénéfice brut d’exploitation ramené à chaque chambre disponible. Contrairement au RevPAR, il tient compte des charges de fonctionnement et donne donc une image plus fidèle de la rentabilité réelle d’un hôtel.